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Diesel ou essence ?

Diesel ou essence ?

Mardi, 27 juin 2017

Face aux enjeux environnementaux et à la pression accrue des pouvoirs publics, le diesel est montré du doigt. Au point de remettre en cause sa “suprématie” au cœur des flottes automobiles au profit de l’essence ? La question mérite d’être posée.

 

Le paradoxe est intéressant.

D’un côté, une étude KPMG, portant sur l'industrie automobile, révèle que 53% des décideurs de l'industrie estiment que le “diesel est mort“.

 

Source : KPMG 2017

https://assets.kpmg.com/content/dam/kpmg/xx/pdf/2017/01/global-automotive-executive-survey-2017.pdf

 

 

De l’autre, la part du diesel dans les flottes auto passeraient de 95% aujourd’hui en France à 79% d’ici 5 ans, selon une étude du Corporate Vehicle Observatory (CVO).

Alors, comment les gestionnaires de flotte doivent-ils se positionner ?

 

Les villes entrent en jeu

Alimenté par un important buzz médiatique, l’enjeu sur la place du diesel est d’envergure. Longtemps favorisé par des coûts de carburant inférieurs et une fiscalité avantageuse, son “rejet” actuel repose principalement sur les particules de type NOx.

« Historiquement, le CO2 a représenté la cible que les pouvoirs publics souhaitaient combattre. Récemment, la bataille a porté sur les particules NOx qui ont des incidences sanitaires prouvées », précise Hervé Girardot, directeur international d’Arval Consulting et du Corporate Vehicle Observatory.

Or, comme le dispositif fiscal s’appuyait sur le CO2 (TVA etc.), la prise en considération récente du NOx a incité les pouvoirs publics à rectifier le tir, en alignant la fiscalité du diesel au niveau de l’essence d’ici 3 à 5 ans.

Mais ce rééquilibrage programmé du diesel ne repose pas uniquement sur la contrainte fiscale. Un autre paramètre est entré en jeu. Les grandes agglomérations françaises et européennes souhaitent en effet interdire la circulation des véhicules à moteur diesel. Les villes deviennent des acteurs majeurs pour les entreprises. Ces dernières doivent concevoir un “mix énergétique” de leur flotte auto en fonction des autorisations de déplacement dans certaines villes (zones urbaines à faibles émissions).

 

Diesel - essence : que faire ?

Finalement, que doivent retenir les gestionnaires de flotte ? Une prise de recul est nécessaire, comme le souligne Hervé Girardot, « Le rythme de renouvellement naturel de la flotte doit être pris en considération, au même titre que le fort pourcentage de véhicules diesel présents dans les flottes automobiles. Ces véhicules diesel ne pourront être remplacés par un simple claquement de doigts. Par ailleurs, compte-tenu de l’offre alternative assez faible proposée par les constructeurs sur les utilitaires, le diesel va rester la solution la plus adaptée ».

Par ailleurs, force est de reconnaître que les motorisations diesels issues des flottes automobiles sont nettement plus “vertueuses” que celles du parc automobiles grand public, en raison d’une flotte auto entreprise plus jeune, avec des véhicules qui ont passé les dernières normes Euro 6. Les flottes automobiles contribuent ainsi à améliorer la qualité de l’air.    

 

L’usage des véhicules en point de mire

En outre, les gestionnaires de flotte doivent commencer à déterminer un niveau plus précis de granularité sur l’analyse de leur parc. Le simple TCO (Total Cost of Ownership*) ne suffit plus. Il convient de regarder l’usage réel des véhicules, autrement dit, le profil de conduite (conduite urbaine vs autoroute ; kilométrage faible ou élevé). Sans oublier l’autorisation du roulage en fonction des lieux.

À la lumière de cet examen, les stratégies de renouvellement devraient permettre d’adapter les flottes aux réalités fiscales et opérationnelles du moment.  Finalement, l’avenir du diesel face à l’essence se fera au regard non seulement du TCO bien sûr, mais également en fonction des mesures de restriction d’accès à la circulation (LEZ- Low Emission Zones  ou zones urbaines à faibles émissions). Mesures qui risquent d’avoir une incidence grandissante durant les prochaines années pour les entreprises.

 

*Coût total de détention