Interview des Directeurs Généraux Délégués

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Philippe Noubel

Pourquoi la gestion des flottes automobiles est-elle de plus en plus complexe ?
Il y a encore quelques années, les entreprises appréciaient l’efficacité de la gestion de leur flotte à partir d’un critère strictement économique : ce qui était apparemment le moins cher était nécessairement le meilleur. Depuis, la diffusion de la conscience éco-responsable aidant, les éléments de décision se sont diversifiés. Les grandes entreprises, par exemple, sont souvent disposées à payer un peu plus pour pouvoir témoigner de leur responsabilité sociale et environnementale.

De quels moyens dispose-t-on pour intégrer ces nouveaux éléments de décision ?
L’évolution technologique procure de nouveaux leviers d’action. Nous utilisons notamment des boîtiers électroniques pour collecter des données sur l’usage des véhicules, dont on sait qu’il est déterminant pour la consommation, les émissions de CO2 ou la sinistralité. De façon générale, la multiplication des éléments constitutifs du coût d’usage – je parlerais ici du TCU, « Total Cost of Usage » – et non du seul coût de détention, implique de faire appel à un spécialiste de la gestion de flotte. Lui seul est capable de prendre la mesure, par exemple, d’un sujet devenu aussi complexe que la fiscalité automobile.

La crise peut-elle remettre en cause l’orientation « responsable » des entreprises ?
Rien ne le laisse envisager, dans la mesure où le développement durable est devenu une composante fondamentale de la stratégie de nombreuses entreprises, notamment en matière de ressources humaines. Par ailleurs, beaucoup d’actions contribuant à l’optimisation des coûts – comme la réduction des consommations – sont intrinsèquement  « vertueuses ». Il sera particulièrement intéressant d’observer le comportement des entreprises s’agissant du véhicule électrique car ce dernier, à court terme, dissocie intérêt économique – ce sera, probablement dans un premier temps, une solution plutôt coûteuse – et préoccupation écologique !

 

Thierry Lachaux, directeur général délégué d'Arval
Thierry Lachaux

L’impact du ralentissement économique sur l’activité d’Arval est resté limité. Comment l’expliquez-vous ?
En temps de crise, les clients ont le réflexe de se tourner vers les entreprises les plus fiables et les plus professionnelles. C’est précisément le cas d’Arval, dont le développement a toujours été soutenu par BNP Paribas, un des groupes bancaires les plus solides en Europe. À cet élément d’explication, il faut ajouter l’effort engagé de longue date pour améliorer nos organisations ainsi que la qualité de service qu’elles délivrent. Un exemple ? La généralisation à toutes les filiales des programmes ACE (Amélioration Continue de l’Efficacité) ; inspirés des méthodes Lean-Six Sigma, ceux-ci visent l’élimination des coûts de la non-qualité par l’optimisation des process.

Quelle a été votre réponse au recul du marché de l’occasion ?
Dans les pays où notre présence est récente, les volumes de véhicules restitués sont encore faibles. Pour les autres marchés, où se trouve l’essentiel de notre flotte, nous avons profité des investissements initiés avant la crise pour renforcer nos outils et nos méthodes de revente des véhicules d’occasion. C’est ainsi, notamment, que nous avons testé en Espagne, puis déployé dans toute l’Europe, une nouvelle plateforme Internet de revente aux professionnels (MotorTrade).

Comment Arval a-t-il aidé ses clients à passer le cap de la crise ?
En premier lieu, nos contrats de location longue durée ont protégé les entreprises contre le risque de valeur résiduelle lié à la crise des marchés de l’occasion. Par ailleurs, Arval a très rapidement pris en compte les nouvelles conditions d’exercice du métier et clairement communiqué sur ce point : aussi souvent que nécessaire, nous avons prolongé les contrats en cours afin de réduire le TCO* des flottes ainsi que les charges d’exploitation pesant sur les clients.

* « Total Cost of Ownership » (coût global de détention)